Au Mexique et au Chiapas, les vivants ont le pouvoir de déguster la mort à petites bouchées, tout en le tenant dans nos mains comme un trophée qui nous sourit. 

La tradition des crânes en sucre au Mexique

Crânes en sucre du Mexique

Cette douceur, si colorée, nous séduit avec ses yeux fixes, pleins d’éclat et de détermination. Il s’agit des calaveritas de azucar (Crânes en sucre en français), un artisanat dérivé du travail de la canne à sucre qui est arrivé du Moyen-Orient par les Espagnols à l’époque de la Conquête, une recette qui a finalement fusionné avec les traditions indigènes et chrétienne au Mexique.

Sommaire

Les origines

Les crânes en sucre (calaveritas de azucar) ou en pâte d’amarante, en plus du pain des morts, sont les principaux protagonistes de ces festivités où l’on célèbre les défunts adorés .

Pour ces cultures méso-américaines, la mort n’était que la conclusion d’une étape de la vie qui se prolongeait jusqu’à un autre niveau. Les crânes des défunts étaient conservés et présentés dans différents rituels comme symbole de la fin de la première étape de ce cycle de la vie.

L’autel des anciennes cultures s’appelait “Tzompantli” et était orné de têtes et crânes des personnes qui avaient été sacrifiés en l’honneur des dieux. Avec l’arrivée des Espagnols et l’évangélisation, les cultes et les rites qui allaient à l’encontre des croyances de la religion catholique ont été interdits, mais dans de nombreux cas, devant la résistance des peuples indigènes pour les éliminer, ils ont décidé de les adapter.

C’est ainsi qu’apparurent les calaveritas de azucar / crânes en sucre et le pain du mort. Les calaveritas de azucar sont fabriqués avec une technique apportée par les conquistadors appelée “alfeñique” qui est un mélange de sucre, de blanc d’oeuf, de gouttes de jus de citron et d’une plante appelée “chaucle”.

On dit que cette technique est d’origine arabe, adoptée par les Espagnols et apportée au Mexique lors de la conquête. Aujourd’hui, c’est une coutume de placer ces calaveritas de azucar sur les autels lors du Día de Muertos pour honorer ceux qui ne sont plus là. Puebla, Guanajuato, Michoacán et Oaxaca sont quelques-uns des principaux producteurs de ces recettes d’alfeñique. Cette tradition est si importante qu’à Toluca se tient chaque année, de la deuxième semaine d’octobre jusqu’au 2 novembre, une foire dédiée à cette sucrerie.

Pourquoi les mexicains donnent des noms aux calaveritas de azucar / crânes en sucre ?

On peut donner plusieurs sens et significations à l’inscription du nom d’un être cher sur les calaveritas de azucar / crânes en sucre. On mentionne souvent le nom du défunt dont on veut se souvenir sur ces derniers. On appose également le nom d’un être cher sur les crânes en sucre (ami ou parent), pour lui réserver une place (bénéfique) après la mort.

Les calaveritas de azucar, plus que du sucre, une tradition

Si vous approchez aujourd’hui n’importe quel autel lors du jour des morts, vous trouverez non seulement des crânes en sucre /calaveritas de azucar , mais aussi d’autres faits avec du chocolat, de l’amarante ou de la gélatine. Il y a même des calaveras qui sont imbibés de miel et qui ont des arachides, des graines de citrouille ou du sésame. Ceux-ci ont été faits par les familles de différentes parties du pays utilisant d’autres ingrédients savoureux, mais gardant précieusement cette tradition festive. 

D’autre part, dans les marchés on trouve aussi d’autres personnages de bonbons alfeñiques qui se déclinent en de multiples formes comme des cercueils, tombeaux, squelettes, poèmes, mariachis, cuisiniers, calacas faisant du commerce et les fameuses catrinas ; tous utilisés dans les offrande. 

Il est bien dit que la seule chose dont nous sommes sûrs en tant qu’êtres humains, c’est la mort, alors célébrons-la comme il se doit, en démontrant que la beauté de l’inconnu fait partie de nous depuis longtemps, très longtemps.

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