Golfe du Morbihan en slow travel : 3 jours sans voiture autour de Vannes

Quand on a pris l’habitude de voyager lentement, au Chiapas comme ailleurs, on finit par juger une destination à une seule question : est-ce qu’on peut y poser son sac et tout faire à pied, en bus ou en bateau ? En Bretagne sud, le Golfe du Morbihan répond oui. Vannes, la ville qui le borde au nord, se rejoint en train, se visite à pied et sert de point de départ à des journées où la voiture ne manque jamais.

Voici un carnet de trois jours, pensé pour ceux qui préfèrent l’épaisseur d’un lieu au nombre de sites cochés.

Arriver en train, et s’arrêter là

Le TGV relie Paris Montparnasse à Vannes en 2h25 pour les trajets les plus rapides, avec une quinzaine de trains par jour. La gare est à une dizaine de minutes à pied du centre historique : pas de taxi, pas de navette, on sort et on marche.

Pour les déplacements autour, la région propose un Pass 2 jours TER BreizhGo à 55 €, valable sans limite de trajets sur tous les TER de Bretagne pour une à cinq personnes. C’est l’outil du voyage lent par excellence : on monte dans un train parce que l’envie vient, sans calcul.

Jour 1 : Vannes à hauteur de piéton

On entre dans la vieille ville par la porte Saint-Vincent, côté port. Les remparts, dont les premières fortifications remontent à l’époque romaine, se longent ensuite jusqu’aux lavoirs de la Garenne. Alimentés par la rivière, ils ont servi jusqu’au début des années 1950 et forment la vue la plus photographiée de la ville, avec les jardins à la française dessinés juste en face.

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Le cœur médiéval compte 171 maisons à pans de bois selon France-Voyage. Le plus intéressant n’est pas de les compter mais de lever les yeux : à l’angle de la rue Noé, deux bustes sculptés dans une façade, « Vannes et sa femme », sont devenus l’emblème de la ville. La cathédrale Saint-Pierre et La Cohue, ancienne halle médiévale devenue musée des beaux-arts en 1982, sont à quelques pas.

Si le jour tombe un mercredi ou un samedi, tout le reste attend : le marché de plein air occupe la place des Lices de 8h à 13h30. Les Halles des Lices, elles, ouvrent du mardi au dimanche. C’est là qu’on comprend une ville, entre le banc d’huîtres du Golfe et le comptoir du crémier.

Jour 2 : la Rabine, Conleau et l’île d’Arz

Depuis la place Gambetta, au bout du port, une voie verte de 1,9 km suit le chenal jusqu’à la presqu’île de Conleau. La marche est plate et l’eau change d’aspect au fil de la marée.

Conleau a été transformée en petite station balnéaire en 1878, reliée au continent par une digue. On y trouve une plage et une piscine d’eau de mer où l’on se baigne de mai à octobre. Surtout, c’est l’embarcadère pour l’île d’Arz, une des îles habitées du Golfe, qui en compte une quarantaine. La traversée est courte, l’île se parcourt à pied, et le soir on revient à Vannes par le même chemin, la lumière rasante en plus.

Pour l’île aux Moines, plus fréquentée, il faut savoir d’où partir : la traversée de 5 minutes se prend à Port-Blanc, à Baden. Depuis Vannes, les bateaux mettent environ 45 minutes.

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Jour 3 : Auray, dix minutes plus loin

Le TER relie Vannes à Auray en 10 minutes. En contrebas de la ville haute, le port de Saint-Goustan aligne ses quais pavés, ses maisons à pans de bois et un pont de pierre à quatre arches du XIIIe siècle. C’est ici que Benjamin Franklin a posé le pied en France le 3 décembre 1776, en route pour négocier une alliance avec Louis XVI.

Le lundi matin, le grand marché d’Auray réunit jusqu’à 400 commerçants en été et près de 200 le reste de l’année. De quoi composer un pique-nique pour le train du retour.

Où poser son sac

Tout ce carnet repose sur un choix : dormir entre la gare, les remparts et le port. On peut choisir un hôtel 4 étoiles à Vannes en plein centre, à cinq minutes du port, pour que chaque journée commence à pied. Le Maury dispose aussi d’un espace bien-être avec sauna et hammam, utile après trois jours de marche.

Ce que le voyage lent change ici

Le Golfe du Morbihan se prête mal à la course. Les marchés ne se tiennent que certains jours, les bateaux ont leurs horaires, et les plus belles lumières arrivent en fin d’après-midi. Voyager sans voiture oblige à accepter ce rythme, et c’est justement ce qui rend le séjour mémorable.

Hors saison, d’octobre à avril, la région devient encore plus lisible : moins de monde sur les quais, plus de place en terrasse, et ce silence particulier des ports de plaisance l’hiver. Un voyageur habitué aux marchés de San Cristóbal ou aux villages des hautes terres y retrouvera quelque chose de familier : une région qui se découvre en prenant son temps.

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Arnaud Joly

Writer & Blogger

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