Histoire et types de Sombrero au Mexique

Au Mexique, le sombrero fait partie de ces objets du quotidien qui racontent une histoire. Plus qu’un simple chapeau, il protège du soleil, accompagne le travail aux champs, les fêtes, la musique, et permet de reconnaître au premier coup d’œil certaines traditions régionales.

On l’appelle souvent charro au Mexique, alors que sombrero est en réalité un terme générique qui signifie simplement « chapeau ». Derrière ce mot se cachent pourtant une grande diversité de formes, de matériaux et de styles, du modèle paysan en paille au couvre-chef de cérémonie richement orné.

Les sombreros se distinguent notamment par leurs larges bords, pensés pour protéger efficacement du soleil. Ils sont associés aussi bien aux travailleurs et aux classes populaires qu’aux tenues élégantes, et restent indissociables de l’image du Mexique dans le monde.

Ce guide revient sur l’histoire du sombrero, présente plusieurs types emblématiques, détaille quelques catégories traditionnelles, les principales parties qui composent un chapeau, et explique comment choisir la bonne taille.

Histoire du sombrero

L’histoire du sombrero mexicain a suscité de nombreux débats, chacun proposant sa propre version. Dans l’usage moderne, le mot sombrero évoque spontanément le chapeau mexicain à larges bords. Pourtant, son origine est liée à l’Espagne, où l’on portait déjà dès le XVIIe siècle des sombreros cordobés, des chapeaux à bords très larges.

Ce chapeau espagnol se caractérisait par une couronne plate d’environ 10 à 12 cm de hauteur et un bord relativement court, plat, mesurant près de 8 à 12 cm de largeur. La provenance exacte des premiers sombreros et l’identité de leurs véritables fabricants restent toutefois controversées.

Pour certains, ces chapeaux auraient été popularisés par des métis d’origine européenne et amérindienne travaillant dans le sud des États-Unis et au Mexique. D’autres attribuent leur diffusion aux cavaliers de Guadalajara, capitale de l’État de Jalisco, qui l’auraient ajouté à leur uniforme.

Une autre version avance que les premiers cow-boys installés au Texas auraient adopté le sombrero espagnol comme protection efficace contre les rayons du soleil. Au-delà du Mexique, des versions locales existent également, comme aux Philippines sous influence mexicaine à l’époque du commerce de galions entre Manille et Acapulco (1565–1815), ou encore en Colombie, notamment chez les tribus Zenu.

Les différents sombreros mexicains

Les chapeaux mexicains occupent toujours une place importante dans l’habillement, particulièrement chez les hommes. Ils sont présents au travail, lors des fêtes nationales, des festivals, ou simplement pour se protéger du soleil. Tous ont en commun d’être issus d’un savoir-faire artisanal et de s’adapter au climat, à la région, ou encore aux jours fériés.

Le sombrero de charro est sans doute le plus emblématique, largement diffusé par le cinéma de l’âge d’or mexicain. Mais il existe de nombreux autres types de sombreros, tout aussi caractéristiques.

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Sombrero mexicano jipijapa

Le chapeau jipijapa est associé à la ville de Bécal, au nord de l’État de Campeche. Selon la tradition, le premier chapeau de ce type y aurait été tissé en 1872. Depuis, des centaines de familles perpétuent cet artisanat et commercialisent ces chapeaux à travers le pays.

Ils sont fabriqués avec les feuilles du palmier jipijapa, qui mesure entre un et deux mètres de haut. Un ruban noir entourant la base de la couronne en est l’un des signes distinctifs. La technique de tissage se transmet de génération en génération.

Sombrero calentano

Le sombrero calentano est typique de la région de Tierras Calientes et serait né dans la ville de Tlapehuala, dans l’État de Guerrero. Des artisans y ont commencé à le tisser à partir de palme royale.

Sa couronne est haute et droite, ses bords sont larges, recourbés vers le haut, et ornés d’un ruban noir. Plus le chapeau comporte de tours de tressage et plus la couture est fine et réalisée à la main, plus sa valeur augmente.

Sombrero texano

Le sombrero texano est associé à certaines régions du Mexique et se rattache à l’univers des cow-boys et de la vie rurale. Il se fabrique notamment en palme royale ou dans des matériaux similaires, avec une forme inspirée de la tradition des chapeaux de cowboy.

Ce type de sombrero peut se décliner en modèles très simples pour le travail quotidien ou en versions plus travaillées pour les fêtes, avec différents ornements et rubans.

Sombrero jarocho

Le sombrero jarocho est quant à lui typique de l’État de Veracruz. Il fait partie intégrante de la tenue traditionnelle utilisée pour célébrer le genre musical jarocho. Il est fabriqué à partir de palme royale.

Son dessin se caractérise par les « cuatro pedradas », c’est-à-dire quatre cavités dans la couronne. Il peut être décoré de plumes, d’ornements colorés ou d’un simple ruban noir, comme d’autres sombreros régionaux.

Sombrero costeño

Le sombrero costeño, fabriqué et porté notamment dans l’État de Guerrero, est l’un des modèles les plus répandus. On le voit fréquemment sur la tête des groupes musicaux, des politiciens et des ouvriers agricoles.

Il est confectionné avec des palmes très épaisses, ce qui le rend particulièrement résistant aux différents climats. Ses bords sont longs, épais et semi-courbés, souvent percés de trous pour assurer une meilleure ventilation.

Sombrero de charro

Le sombrero de charro est probablement le plus connu de tous. D’origine espagnole, il aurait été fabriqué au Mexique par les Chichimèques à San Luis Potosí, à partir de fibres de palmier. Aujourd’hui, on le réalise aussi en feutre, en paille de blé ou en fourrure de lapin.

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Il est porté par les cavaliers appelés charros. Ses caractéristiques: de larges bords, quatre pedradas sur la couronne, et une hauteur généralement plus importante à l’arrière. La forme peut toutefois varier en fonction de la région et du climat. Les véritables sombreros de charro sont fabriqués par des artisans spécialisés et se distinguent des modèles touristiques vendus dans les boutiques ordinaires.

Différents types de sombrero

Au-delà de la protection contre le soleil, les sombreros ont longtemps servi à distinguer les classes sociales. Les modèles les moins coûteux, destinés aux paysans, sont généralement en paille. Les plus onéreux, réservés aux classes aisées, sont souvent fabriqués en feutre ou dans des matériaux plus nobles.

Voici quelques catégories traditionnelles de sombreros :

Quinciano

Le Quinciano est un sombrero conçu avant tout pour le travail. Simple, léger, souvent de petite taille de bord, il est fabriqué en paille ou en matériaux bon marché. C’est le chapeau typique que portent les paysans lorsqu’ils travaillent dans les champs.

Diechinueve

Le Diechinueve est une version plus élaborée du Quinciano. Il est réalisé avec des matériaux plus résistants et des motifs de tissage plus travaillés. Ces chapeaux sont fréquemment fabriqués selon les mesures exactes de leur propriétaire.

Veintiuno

Le Veintiuno représente une catégorie encore supérieure au Diechinueve. Il fait appel à des techniques et des matériaux plus sophistiqués, ce qui en fait un sombrero de qualité supérieure, souvent associé à un usage plus élégant.

Les différentes parties d’un sombrero

Chaque partie d’un chapeau a une fonction précise : protéger du soleil, assurer le confort ou contribuer au style. Connaître le vocabulaire de base permet de mieux distinguer les formes, de comparer des modèles proches (comme un trilby et un fedora) et de choisir un sombrero adapté à ses besoins.

  • Corona (couronne) : le haut du chapeau, la partie qui recouvre la tête au-dessus du bord.
  • Consejo : le point le plus élevé de la couronne.
  • Pincement / dent : également appelé pli, ce sont les indentations formées à l’avant, à l’arrière ou sur les côtés de la couronne.
  • Pellizco / abolladura : la bande décorative entourant le chapeau au niveau du bord, le plus souvent un ruban, une lanière de cuir ou un cordon tressé.
  • Decoración : tous les ornements présents sur le chapeau, généralement le long de la bande (plumes, glands, perles, boucles, etc.).
  • Brim (bord) : le rebord du chapeau qui dépasse de la base de la couronne. Plus il est large, plus il offre d’ombre au visage, aux oreilles et à la nuque.
  • Bill : autre terme pour le bord rigide qui dépasse à l’avant d’une casquette et protège les yeux, aussi appelé visière.
  • Underbrim : la face inférieure du bord, par exemple sous un fedora.
  • Doublure : la partie intérieure du chapeau, parfois garnie d’un tissu doux comme le satin, le velours, la maille synthétique, le coton ou la soie.
  • Forro (reliure) : le renfort qui entoure le bord du chapeau, souvent en cuir, en soie ou en ruban gros-grain.
  • Bande de transpiration : aussi appelée bande intérieure, elle se trouve à l’intérieur, juste au-dessus du bas du chapeau. Elle améliore l’ajustement, préserve la forme et absorbe la transpiration, généralement en cuir ou en matériau similaire.
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Comment connaître sa taille pour choisir un sombrero

La taille est l’un des éléments les plus importants lors de l’achat d’un chapeau. Un sombrero trop serré devient vite inconfortable, tandis qu’un modèle trop lâche risque de tomber ou de s’incliner de manière gênante. Les chapeliers expérimentés savent estimer une taille d’un simple coup d’œil, mais il reste conseillé de mesurer précisément sa tête.

Pour le faire chez soi, munissez-vous d’un mètre ruban souple. Placez-le autour de la tête, au-dessus des oreilles, au milieu du front et sur la partie la plus saillante de l’arrière du crâne : c’est l’endroit où repose normalement le chapeau. Le ruban doit être bien ajusté, sans serrer. Notez ensuite la mesure obtenue.

Si vous n’avez pas de mètre ruban, vous pouvez utiliser un fil, puis le mesurer avec une règle. Les tailles de chapeaux s’expriment en général en centimètres, en pouces ou par lettres. L’Europe utilise le système métrique, tandis que des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni emploient souvent les pouces ou des tailles codées.

Pour un cadeau, une solution consiste à vous référer à un autre couvre-chef de la personne et à mesurer son tour intérieur. Une fois la taille définie, il devient plus facile de trouver un sombrero confortable et bien ajusté.

Les véritables chapeaux mexicains artisanaux se trouvent de préférence dans des boutiques spécialisées. Les prix peuvent varier fortement selon le modèle, les matériaux et le niveau de finition. Des mariachis aux agriculteurs, en passant par les charros, les artisans, les politiciens ou les simples amateurs de traditions, chacun peut choisir un sombrero qui le représente, l’abrite du soleil et lui apporte une touche de style.

Le sombrero, porté au quotidien ou réservé aux grandes occasions, reste l’un des symboles les plus forts de l’identité mexicaine. Lors d’un voyage au Mexique, en rapporter un authentique comme souvenir permet d’emporter avec soi un fragment de cette culture vivante.

Arnaud Joly

Writer & Blogger

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